06 – Le Stade

LE STADE

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Tours de stade
Paroles

 

Si j’étais un stade, je pourrais m’attarder, faire une liste, des nuances, du rythme des pieds sur la piste.

Sur mes avenues à l’air ovale, des êtres courent d’autres calent
Venus juste prendre l’air, prendre le pouls d’un corps stressé
Stressé et laissé, souvent, à la table et au repos
Dans mon ventre délaissé, certains crevés prennent une pause
Posés sur mon corps, déjà usés
Je suis plat, et las, de ces gens qui tapent sur mes cordées
Dépasser ses limites, imités par tous, tous en rond,
Certains s’affaissent mais aucun ne rompt

J’entrevois des vies, et les souffrances qu’on m’amène
Celles qu’on traine, celles qui gênent
Je vois aussi qu’on épie, un torse nu, une bedaine
Plus vite, plus fort, forcer le confort puis stopper sa course à l’étouffée
La gorge, le souffle, le dos pressé, les jambes, les pieds, les reins brûlés

Je sens le vent sur leurs joues rouges, jouer à calmer le cogneur rouge
C’est un don que je leur fais, une nouvelle pile
D’adrénaline empilée dans l’envie d’enquiller les milles et une idées
Qui ont surgi de leurs foulées, laissant leurs problèmes couler

L’effort, force est de constater qu’il est inclus, qu’on a tous des corps,
Voûtés sur nos deux jambes, voués à courir, vexés d’marcher
Je suis pour ceux qui négligent un peu, les chemins, la nature
Car j’suis plus prêt, plus sûr, plus plat j’ai le sol dur, et puis sur moi, on ne s’y perd pas

Le soir, ils sont toujours sur mes trottoirs, à étirer leurs corps meurtris,
À tirer leurs muscles, attirer par les stars, d’autres continuent, jusqu’à la crampe,
Jusqu’à ramper, penser qu’rien n’les arrête, c’est dans la tête…Allez,
Un peu d’eau glacée, sur leurs vies en âge asséchées, il était temps de Respirer

Gisant sur mes cheveux, et l’herbe qu’il en reste, le mal n’était qu’un creux, le bien remet sa veste
Contents, heureux, parfois seuls parfois entre eux, les hommes re-filent vers la ville, sans un adieu

Ils reviendront

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